L’effet stage à Tignes et je me suis retrouvé à sillonner en courant les contrées flamandes au dénivelé plus modeste que celui auquel ont droit les Bleus dans les hauteurs alpines…

Presque involontairement, j’arborais le maillot de l’équipe de France qui m’avait été offert récemment lors d’une opération marketing. Et alors qu’il me portait péniblement dans la chaleur de ce long weekend de mai, je fus interpellé par deux individus à la tignasse encore plus blonde que la mienne et à l’accoutrement suspect.

Ils prononcèrent des mots en flamands que je ne pus comprendre mais qui ne sonnaient pas vraiment la poésie. Puis l’un des deux me lança « Tu n’es pas français, tu es flamand ». Et son comparse de surenchérir : « C’est la Hollande qui va gagner la Coupe du Monde ! ».

Il se trouve que mon nom de famille est flamand et bien qu’ils l’ignoraient, ils pouvaient facilement imaginer à ma gouaille que j’étais un petit gars du pays.

Rarement, je me suis intéressé à ces spécimens qui célèbrent la fête du Cochon et érigent des Vlaams Huis (maisons flamandes), lieux de « convivialité » où on dort, on boit et on mange, on accède à des bibliothèques « militantes », on apprend le néerlandais et où on pratique des sports de combat.

Certains, surtout les plus jeunes, sont actifs dans le milieu identitaire. D’autres sont des personnes assez médiocres, principalement attachés à la culture de leurs ancêtres. Mais tous partagent un goût commun pour le rejet de l’autre, notamment lorsqu’il est noir ou arabe.

Parallèlement, ils nourrissent l’espoir d’une Flandre libre et indépendante, comme solution idéale pour sauvegarder la langue et les traditions que l’État français « veut effacer » et se débarrasser des clandestins qui traversent leurs terres pour se rendre en Angleterre.

Depuis cette rencontre fortuite au cours de laquelle j’ai préféré tenir ma langue de peur de passer un sale quart d’heure, je pense beaucoup aux innombrables parties de foot que j’ai pu jouer en club sur « leur » territoire.

Je me souviens même de la tension qu’il y avait sur le terrain alors que nous n’étions que de piètres footballeurs du dimanche matin.

En portant le maillot de l’équipe de France, je portais le signe ostentatoire, voire provocant, de mon appartenance à la nation française, ce qui est un acte politique pour certains.

Moi, j’avais juste mis un tee-shirt léger et agréable à porter pour un long footing…

 

3 Comments

 

  1. 24 juillet 2010  19 h 30 min by guillaume Répondre

    Vraiment pathétique en effet ! le sport en général devrait être un symbole de compétitivité fraternelle et regrouper les gens autour d'une passion commune. Malheureusement c'est devenu un outil de querelle et un prétexte pour se livrer une sempiternelle gueguerre où autour d'un France - Angleterre des 6 Nations, on se refait Crécy et Azincourt!
    Quant à ces abrutis de cul-terreux de flandrins... Attention ! Je suis moi-même originaire du Nord et j'ai de profondes racines flamandes ( même anversoise c'est dire! ) et j'éprouve un énorme respect pour l'histoire non pas de la Flandre mais Des Flandres, pour la culture bilingue ( Picarde et Flamande ) pour l'Art, Bref, j'arrête là ! Ces imbéciles ne sont le fruit d'une sous-couche rurale mal urbanisée, lobotomiser au genièvre et victimes d'une crise qui, s'ils l'ont oubliés , concerne tout le monde et même leur petite Flandre chérie! Au fait Fortis n'a pas été racheté par BNP Paribas ?
    En fait, je pense que ces nationaux- régionalistes sont surtout manipulés par des instances politiques qui leurs ont promis monts et merveilles.
    Après tout, ils ont le droit de préférer Amsterdam avec ses toxicos, ses squattes et ses putes en vitrines ! C'est plus beau que Paris !
    Quelle pitié !

  2. 24 juillet 2010  23 h 51 min by davido Répondre

    Ta lucidité me fait plaisir. C'est drôle mais j'ai conscience de la richesse de l'architecture flamande par exemple mais dès que je suis devant une façade de type flamande, quelque chose me repousse. Pareil, j'arrive pas à m'emerveiller d'un Rubens.

  3. 25 juillet 2010  15 h 03 min by guillaume Répondre

    Les goûts et les couleurs... Je pense surtout qu'il existe des merveilles un peu partout néanmoins celles- ci peuvent être ternies par le caractère des résidents. C'est notamment le cas en Flandre. Encore que le phénomène de rejet ouvert des francophones soit tangible dans les campagnes et petites bourgades plus que dans les grandes villes. Le flamand des villes a besoin des "rats francophones " pour faire tourner son petit commerce !
    Mais le phénomène est général : Pays Basque, Corse, Sardaigne...
    Il faut juste être intelligent et surtout ouvert !

Commenter

 

Votre adresse mail ne sera pas visible.